Accueil     Matos     L'équipe du mag     Récits     Diététique     Chaussures     Accessoires      
100 km Dentelles Ventoux     trail d'OPPEDE     UTMB Sebastien F.     UTMB Cyril C.     GR 20     Le Tour des Glaciers de l     Les traces blanches     Pré-France de cross Digne     trail de Glanum     Trail de Fontaine     Trail du C A F      
 

LE GRAND RAID DES DENTELLES.



C'est par une chaude matinée (5h00 du matin) que le team MARATHONIEN s'est élancé sur les sentiers alors que le village de Gigondas était encore endormi.Les meilleurs d'entre nous sont déjà devant ( Cyril Cointre qui terminera 3 ème, et Sébastien Farano qui terminera 11ème), le reste du groupe constitué de Mireille, Jean-Pierre, Claude, Christian, Jeff, Bernard profite de l'ambiance toute particulière propre au départ de nuit. 

Le ciel est couvert, mais nous pouvons quand même  voir les dentelles se dessiner dans l'aube naissante.

Bien que les chemins que nous empruntons sont notre terrain de jeu favori, nous sommes toujours émerveillés par le paysage qui s'offre à nous.

Bientôt, des coureurs rapides apparaissent, nous doublent comme des bolides, avec toutefois des mots d'encouragement, ( parmi eux le dernier coureur du team qui manquait: Dominique ), ce sont les coureurs du 58 km qui nous rattrapent, nous laissant cloués sur place, nous qui partons sur le rythme plus calme des coureurs du 100 km.

Le jour est là, les nuages aussi, mais pas encore menaçants, grâce à eux la température est idéale, les premiers bénévoles rencontrés ont tous le sourire et les encouragements sont nombreux. Cette course débute sous les meilleurs hospices pour nous, malgré la petite forme de J.P.

Arrivée au lac du Paty, une première étape est franchie, notre groupe se sépare en deux, et nous voilà en route vers la combe Curnier, là, vérification des sacs des concurrents, ont nous prévient que le brouillard n'est pas loin, avec lui une chute des températures, et l'ascension du Ventoux. Nous sommes un peu déçus, car nous ne passerons pas au sommet pour des raisons évidentes de sécurité.

Le Contrat est là, avec son ravitaillement bien mérité, mais nous ne trainons pas, la descente sur Brantes est longue, et le temps se fait plus menaçant.

Il faut faire attention, le chemin en lacets serpente entre les racines, il ne faudrait pas tomber, cela ne nous empêche pas de rire, lorsque tout à coup, la première d'une très longue série de gouttes nous tombe sur la tête.

Là, il nous faut être encore plus vigilants, car nous sommes à présent sous la pluie battante, le sol est très glissant, mais nous continuons de rire, ce ne sont pas quelques gouttes qui vont nous arrêter.

Brantes, enfin, nous nous abritons un instant, prenons le temps de savourer une soupe bien chaude aux vermicelles et de nous changer.

Nous n'avons pas abandonné, la pluie non plus, mais nous sommes plus têtus qu'elle, elle s'arrêtera avant nous...

Nous repartons plus déterminés que jamais, et tout à coup, il apparait, on n'y croyait plus, mais si , le soleil est bien là.

Tout est bien, J.P. a retrouvé la forme après 58 km (et quelle forme, c'est lui qui va mener notre groupe jusqu'à l'arrivée...), un nouveau ravitaillement où des bonbons nous tendent les bras...Et là, c'est pour moi une énorme erreur, moi si bien dans mes baskets mouillées, je me laisse tenter, et l'hypoglycémie qui s'en suit me rattrape dans une descente.

Après un arrêt "soupe" au Croseau nous repartons pour la fin du parcours, ma faiblesse est loin derrière moi, tous les kilomètres  que nous parcourrons nous rapprochent de l'arrivée.

La pluie a repris, mais si fine que nous la sentons à peine, à moins que ce ne soit la montée du Saint Amand et la descente sur Gigondas qui gomment tous les petits tracas de cette fin de course.

Mais la fin est longue, et difficile pour tous, au 96 ème kilomètre,nous discutons avec une jeune fille, qui suit son pére et son ami, et prend des photos chaque fois que le parcours le lui permet. Nous l'avons  déjà rencontrée à plusieurs reprises, et avons même courru avec son père, elle nous apprend que celui-ci va abandonner car il est à bout de force et n'arrive plus a avancer. 

Malgrés la joie et l'euphorie d'une arrivée proche, l'annonce d'un abandon nous met un petit coup au moral, ce coureur est si prés du but, et pourtant si loin.

J.P. encourage la fille à motiver son père pour qu'il continu, nous lui laissons nos dernières provisions, et repartons dans la nuit, car il y a longtemps maintenant qu'il fait nuit, et nous avons l'impression d'être hors du temps.
Gigondas, enfin !!! nous sommes arrivés nous avons réussi, nous avons dominé la pluie, et les pieds trempés, les coups de moins bien, et les coups de très mal. Nous sommes plus forts dans notre amitié, plus forts dans notre tête, presque prêts à repartir. Et après quarante minutes, qui voyons nous arriver ? un père heureux accompagné de sa fille et de son gendre,  le corps déformé par la souffrance, mais le visage rayonnant d'une joie indescriptible.

Nous avons réussi.


 

 C.B.