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UN TRAIL ENTRE AMIS...

 

L

e trail de Buis les Baronnies sera pour moi l’occasion de retrouver bon nombre d’amis trailers ainsi que le staff de la marque LAFUMA : Le programme du week-end s’annonce effectivement convivial dans cette Drôme provençale qui respire le bien-être.

J’arrive le samedi matin à l’hôtel Sous l’Olivier, qui est en quelque sorte le QG de ces deux prochains jours où une présentation des futurs produits s'opère, accompagnée d’échanges constructifs avec les coureurs. Une pause avant le repas de midi me permet de saluer le team Trail au complet ainsi que celui du Raid et deux/trois contrats magasins gentiment invités tout comme moi. L’après midi me rappelle quelques bons souvenirs du stage UTMB de l’année dernière avec un shooting photos présidé par Yoann, qui sait nous immortaliser en action sur le sentier escarpé au dessus du village médiéval de La Roche sur le Buis. La bonne humeur est au rendez-vous, mais malheureusement de grosses gouttes de pluie se font sentir en fin de journée nous obligeant à regagner prématurément l’hôtel en vue du repas du soir.

 

Le lendemain, j’apprends que Pascal et Guillaume décident de faire l’impasse de la course pour se préserver pour le trail organiser par Antoine la semaine prochaine, tandis que Karine, Virginie, Bruno, Renaud, Benjamin… s’alignent sur le 21 km. De mon côte, afin d’engranger les bornes qui manquent à ma préparation, je reste décidé sur le 42 km avec Corinne, Hervé, Jérôme, Lionel…

 

Une photo de groupe sur l’esplanade du village et nous voilà sous l’arche de départ entourés d’un beau plateau de coureurs venus se mesurer sur l’une des manches du challenge FFA. Le coup d’envoi est donné à 9h30 précise, libérant une marée humaine de 960 passionnés dans les ruelles tournicotant de Buis. Comme prévu le rythme est très élevé sous l’impulsion des trailers du court et il nous faut jouer un peu des coudes pour éviter la chute. Jérôme est à mon côté, nous échangeons quelques mots avant le début de la première pente, alors qu’Hervé semble déjà s’éloigner suivi de Lionel. Les ondées de la semaine ont rendu certains passages légèrement gras et forment des toboggans de boue dans les descentes, ce qui me permet de tester l’efficacité de l’accroche de la Moon Race. A la sortie d’un monotrace, le mont Ventoux, toujours aussi magistral, se dresse devant nous, paré d’un petit manteau neigeux contrastant avec la chaleur du jour qui commence à se faire sentir.

 

J’arrive au premier ravitaillement du 14 km en compagnie de Dawa Sherpa, tout en distinguant à une centaine de mètres Jérôme, qui s’engage dans la partie finale de l’ascension. Je décide de faire l’effort pour rester au contact avant la scission des deux distances et nous revenons peu à peu sur Benjamin qui bifurque quant à lui en direction de l’arrivée. Un mot d’encouragement et je poursuis vers le sommet du premier col avant de basculer dans une descente rapide sur piste 4x4 qui surplombe le fond de vallée ; un spectateur m’annonce alors ma 6ème position.

 

Il est midi lorsque nous traversons le village de la Roche sur le Buis ; Lionel est en vue sur le sentier où nous avons pris les photos la veille. Les sensations sont encore bonnes mais je sens que les quadriceps ont été sollicités dans la longue descente et les petites relances dans les parties raides me contraignent à marcher. Jérôme s’éloigne ou plutôt je recule quelque peu pour me préserver et Dawa revient à ma hauteur, avec son métronome à la place des jambes qui le caractérise. J’adopte son rythme qui semble me convenir jusqu’au prochain ravito situé au 34ème kilomètre où je profite de faire le plein, car comble du comble, je suis parti ce matin sans boisson énergétique ni barres ou gels, et je sens que l’hypo n’est pas loin. Un groupe de quatre trailers en profite pour me passer et je me lance à leur poursuite avec les quelques forces qui me restent pour éviter de me faire trop distancer.

 

Dans la longue montée, sous une chaleur à laquelle nous n’étions plus habitués après cet hiver qui n’en finissait plus, Guillaume et Isabelle m’encouragent avant d’arriver sur la dernière crête.

Cinq kilomètres me sépare de l’arrivée alternant entre monotrace et piste, je rattrape un coureur du groupe qui semble épuisé et je m’enfonce dans l’ultime descente, avec en point de mire le village en contrebas. A l’entrée de Buis les spectateurs applaudissent et me signalent une dixième position qui me satisfait, je savoure jusqu’à franchir la ligne avec un chrono de quatre heures tout rond.

 

Le bilan du week-end est positif : le beau temps, une belle course malgré qu’elle soit un peu trop roulante pour moi, (mais celle-ci m’a permis de me renseigner sur mon état de forme du moment, et sur les points à travailler pour le reste de la saison), les retrouvailles entre amis et la connaissance d’autres que je félicite et remercie.

 

A très bientôt sur les sentiers.

 

Sébastien.


Trail de Vulcain, un trail de givrés

 

Le titre, je l’ai trouvé en courant. Allez savoir pourquoi ?!

Mon frère et moi courons depuis 5-6 ans et on réalise sur la route qui nous amène chez nous qu’on n’a jamais fait de trail en Auvergne.

Le Trail de Vulcain va corriger cet oubli. La météo va vite être notre principale préoccupation. Le mauvais temps, extrêmement rare dans la région, s’installe. Deux distances sont proposées, 35 et 58 km. Jusqu’au départ, je ne sais pas trop ce que je ferai, mon frère étant décidé à faire le long.

Le départ est commun aux deux parcours jusqu’au km 19 situé à Vulcania. On verra là bas.

 

Après l’inspection du matériel obligatoire, nous prenons position dans le sas de départ.

Les conditions de course s’annoncent rudes. Le speaker nous fait un petit breffing de course : Temps ‘’frais’’, environ -12°C au col des Gouttes, descentes verglacées, et vent... La neige commence à tomber. Les types du coin sont sur équipés.

Le départ est donné à 8h30 à travers les rues du centre ville de Volvic. La montée est régulière jusqu’au Puy de la Nugère. Les sous-bois que nous traversons nous protègent encore du vent. Je pars prudemment, aux alentours de la 35ème place. Le peloton s’étire par à coups.

Les bosses nous amènent progressivement sur le plateau, vers 900-1000 mètres et la neige s’accentue. Le sol devient glissant, et lorsqu’il ne l’est pas, ce sont des ornières de boue gelée qui martyrisent les chevilles et genoux. 

Le froid gèle mes deux bidons. Pour m’hydrater, je suis contraint de dévisser les bouchons et de boire des paillettes de boisson. Je les garde un peu dans la bouche avant d’avaler. J’ai l’impression de prendre un sorbet !

Une longue portion plane nous expose au vent. La neige vient nous percuter de coté. Je gèle. Les coureurs autour de moi ont les cheveux, cils et sourcils givrés ! 

Le ravitaillement se trouve à la bifurcation des parcours. Sous une tente battue par les vents, j’attrape quelques pâtes de fruits et repars aussitôt. Je n’ai pas le courage de quitter mon sac pour attraper l’éco-tasse fournie par l’organisation. Sans hésiter, je bascule sur le 35 km, ayant du mal à me réchauffer.

La montée vers le Puy des Gouttes s’avère plus facile que prévu. Je me suis bien ravitaillé. Je rattrape trois coureurs espacés et attaque la descente. Une grosse plaque de glace m’envoie au sol. Je me relève et les trois zigotos me passent. J’essaie de suivre mais ils s’éloignent. Sur le plat et les bosses, c’est à mon tour de revenir. Cela se reproduira trois quatre fois avant de s’engager dans une partie roulante. Je décide de fondre sur eux et de poursuivre mon effort. En les dépassant, je découvre qu’ils ont des chaînes aux chaussures. Après quelques minutes, je ne les aperçois plus. Je remonte encore quelques coureurs, et pour certains, c’est le début de la galère : chutes, crampes, fatigue.

Je prends juste le temps de demander si ça va et poursuis mon effort. Je n’ai pas de temps à perdre à admirer le paysage pris dans le brouillard et les giboulées de neige.  

L’ascension des Puys de Leyronne et de Blemas se fait sans trop de difficulté. Je suis revenu sur un coureur du coin qui me dit qu’il s’agit des dernières difficultés du jour. Il reste une dizaine de kilomètres à parcourir. La forte pente de la Nugère, rendue très technique par la glace sous-jacente, les feuilles mortes et pierres se négocie prudemment. Je m’accroche à quelques branches pour éviter la chute. Un coureur avec des bâtons semble revenir de l’arrière mais je le maintiens à une bonne centaine de mètres. J’entends sa respiration forte dans les bosses. Dans la descente, je deviens redoutable, reprends deux autres coureurs, avec un peu de prise de risque tout de même. Mais je suis meilleur que Brian Joubert (sauf pour les salto arrière), je ne tombe pas !

J’arrive bientôt sur la route qui mène à Volvic. On passe devant les sources historiques de la meilleure eau du monde. Le bitume gelé manque d’accroche. Je dois rester vigilant dans la descente.

L’arrivée se trouve à l’intérieur du complexe sportif, au chaud. Je jette un œil sur le chrono : 3h35.

J’avais estimé le petit parcours à 3h30. Je suis 34ème scratch et 12ème vieux, enfin V1.

Je file me changer à la voiture pour aller attendre mon frère. Il arrivera 7ème en 5h07 sur un parcours raccourci à 55 km.

Les conditions difficiles ne nous auront pas permis d’apprécier pleinement le circuit et les paysages. Mais on prendra le temps de savourer un repas copieux et très bon et d’apprécier jusqu’au bout le dévouement et la simplicité des organisateurs avant de rentrer.                       

 

 Jérôme.  


LE TRAIL DE GLACE

C’est en quelque sorte un retour aux sources, dans notre Auvergne natale, que mon frère Jérôme et moi avons fait en participant au trail de Vulcain, qui a eu lieu dans le Puy de Dôme ce dimanche 7 mars 2010.

 

Alors qu’une vague de froid s’abat sur l’hexagone en ce premier week-end de mars, nous voilà dans la charmante ville de Volvic où est donné le départ de la neuvième édition de cette course qui s’annonce extrême. En effet, les conditions météo ne vont pas nous faciliter la tâche, car la neige fait son apparition mêlée au vent et accompagnée d’un froid sibérien, obligeant les bénévoles à s’habiller comme pour une sortie raquettes, en station de ski. Rien que de s’extraire de la voiture nous est difficile et il n’en faudra pas plus pour convaincre mon frère, encore indécis jusqu’alors, à basculer sur le parcours de 34 km, tandis que de mon côté je persiste et signe pour les 60 km, avec la fameuse ascension du mythique Puy de Dôme qui me tient à cœur.

 

 

 

Le départ est donné à 8h30 sous les applaudissements de courageux accompagnateurs, et après un bref regard en direction de mon frère, nous nous élançons vers l’inconnu, car ce trail est pour nous une véritable première.

Une traversée rapide du cœur de la ville et nous entamons une large piste en sous bois, où la neige semble vouloir déjà accrocher au sol, qui au fur et à mesure de notre progression se transforme en glace, telle une patinoire.

 

 

Les appuis sont fuyants, la neige me pique les yeux et me fait larmoyer ce qui rend périlleux chaque descente qui se présente; d’autant que de nombreuses feuilles viennent camoufler toutes les imperfections du terrain et les chevilles ont fort à faire pour nous garder en équilibre ; certains trailers ont d’ailleurs choisis l’option d’utiliser les battons. Pour ce qui est de mes sensations, elles ne sont pas des plus excellentes, j’ai le souffle haletant dû au froid qui me serre la poitrine et les jambes sont lourdes comme collées aux sentiers par deux semelles de plombs. Je réalise que les trailers de la région sont nettement plus adaptés à ce genre de conditions que moi dans un terrain de jeu qui leur est propice.

Le col de Nugère est à portée de main, une dernière portion en dévers équipée de cordes pour nous retenir en cas de chute inopinée et le paysage s’ouvre à nous, au travers de la végétation, dévoilant un décor somptueux recouvert de blanc façon sucre glace.

 

 

Un sentier relativement roulant nous amène jusqu’au premier ravitaillement de Vulcania, le visage fouetté par le vent et les flocons, j’ai l’impression de courir dans mon congélateur. Nous sommes au 19ème kilomètre à Vulcania, lieu important où la bascule sur le « petit » parcours peut encore être possible, mais rien ne peut me faire changer d’avis, pas même la météo, et je pars aussitôt en direction du point culminant de cette chaîne des Puys. J’ai à ce moment une pensée pour mon frère, soudain interrompue, par un organisateur qui annonce ma 7ème position et la température du jour qui avoisine selon lui les 12 degrés en dessous de zéro.

Un concurrent est à quelques dizaine de mètres devant moi et je décide de me rapprocher pour effectuer un bout de cette aventure en sa compagnie. Au détour d’un monotrace, l’endroit me devient familier, j’approche en effet du Puy de Parriou, un volcan où plus jeune je suis venu, toujours accompagné de mon frère, faire une journée inoubliable de VTT ; pour info, ce volcan est également l’emblème de la célèbre eau de source de la région. Je dépasse et j’encourage, peu avant le sommet, ce concurrent qui semble plus en difficulté que moi dans cette portion à découvert, où dame nature se déchaîne d’avantage sur nous. Le vent forcit et les flocons sont plus abondants, je cherche à récupérer dans la descente et met la pipette de ma poche à eau dans la bouche pour me réhydrater comme j’ai pu le faire jusqu’à présent. Damned !!! malgré la forte succion que j’exerce sur ce bout de tuyau, à me comprimer les joues, rien ne veut sortir. Je dois me rendre à l’évidence, le tube est complètement gelé et malgré plusieurs efforts en mastiquant, tordant, pinçant ou en tentant de le réchauffer, rien n’y fait, me voilà sans possibilité de boire. Je comprends alors pourquoi de nombreux coureurs ont opté pour le système du porte bidons, je serai à quoi m’en tenir pour la prochaine fois.

Je sais que le final sera compliqué, compte tenu de ce facteur imprévu, mais la motivation est toujours présente et je poursuis vers la grosse difficulté de la matinée.

L’ascension est progressive à l’abri d’un sous bois et me convient parfaitement, je cale mon rythme style métronome, pour m’économiser au mieux, car les jambes sont toujours aussi dures. Un bénévole sécurisant le passage d’une route m’informe que le sommet du Puy de Dôme ne se fait pas pour des raisons de sécurité, je suis un peu déçu mais je comprends aisément la décision prise par l’organisation. J’apprendrai plus tard que la collerette du Puy était affublée d’un mètre de glace et de congères énormes rendant le passage périlleux pour les 250 coureurs.

 

Une fois le col de Ceyssat franchit, mon GPS indique 40 kilomètres de parcouru, à la sortie d’un bosquet j’aperçois au loin Vulcania, je réalise qu’il me reste environ une quinzaine de bornes avant de rallier l’arrivée. La cadence diminue dans les relances et l’organisme souffre sur la longueur, je me dis qu’il me faut encore travailler sur mon endurance au fil de la saison. Le Puy des Gouttes est l’ultime difficulté de la journée, la pente est raide et l’accroche précaire, l’objectif est de conserver cette 7ème position qui me convient parfaitement. Je double quelques concurrents du 34 km qui en termine dans un style qui alterne entre course et marche.

 

 

Les 5 derniers kilomètres sont identiques à ceux du départ, mais le chemin est recouvert à présent d’environ 5 centimètres de neige fraîche, c’est un pur bonheur ! Je déroule dans cette interminable descente jusqu’à Volvic où l’arrivée se fait dans le complexe sportif à l’abri et au chaud avec un chrono de 5h07. Le speaker m’interroge sur mes impressions de course et je retrouve mon frère qui semble ravit lui aussi de sa performance (34ème en 3h35). Autour d’un repas copieux d’après course, nous nous refaisons l’épreuve, avec le sentiment mutuel d’avoir participé à une compétition extrême aux dimensions humaines extraordinaires.

A l’année prochaine sans doute…

 

SEB.