Utmb, Cyril Cointre (79 ème en 29h 51)
Team Marathonien-Garmin-Nutergia
L'UTMB, "Une Tellement Merveilleuse Balade" comme certains la surnomme, s'est certes terminée pour moi en "Une Terrible Marche Bancale" dans les derniers kilomètres (...) mais quoi qu'en disent les mauvaises langues, les aigris, les jaloux... quelle course hors normes!!!
Le sommet mondial de la course nature, la course référence...cette épreuve ne manque pas de superlatif mais au vu de la difficulté démentielle, des paysages exeptionnels et diversifiés, de la couverture médiatique digne du Tour de France et de l'engouement des populations des 3 pays traversés, elle les vaut bien!
Ce qui va suivre n'est qu'un résumé personnel d'un coureur parmi tant d'autres, qui a peut être mésestimé le défi qui l'attendait, ne serait-ce que dans sa préparation ou plutôt devrais-je dire sa "non préparation"...
En préambule
J-3 Nous voici partis ce mercredi matin de Mormoiron en direction du Toit de l'Europe. Le vieux camping car de Clément (Latour) a bien du mal à avaler les kimomètres et surtout la "désorganisation légendaire" du Team Vagabond fait encore des siennes puisqu'on arrive à se perdre...
Nous parvenons à la tombée de la nuit à Chamonix après plus de 8 h de dur labeur dans les méandres de la France, un record! Vaille que vaille, nous voici à bon port et nous nous étalons avec le 3ème larron Mickael (Dezanet) dans le foutoir ambiant de notre "4 étoiles ambulant".
Les 2 jours qui suivent sont consacrés au retrait des dossards, à la préparation des sacs mais aussi à discuter avec les nombreux coureurs qui envahissent la ville (un bordel!). Et à force d'entendre les programmes d"entraînement spécifique" au dénivelé hallucinant des concurrents souhaitant "juste finir", je commence à douter de mes chances de bien figurer sur cette course où je suis quand même un peu venu "les mains dans les poches" et surtout avec aucune certitude sur ma forme et ma capacité à tenir la distance...
Il faut reconnaître qu'entre les nombreux petits pépins physiques depuis le début de l'année (tendinites, bursites, entorses...) , les 2-3 derniers mois de boulot (je ne vais pas me plaindre, c'est si rare!) à l'accrobranche de Mormoiron et, je plaide coupable, une certaine nonchalance voire "fainéantise" pour les préparations de longue haleine (mais je vais changer d'ici peu, promis!), je n'ai que très peu de kilomètres dans les jambes à l'approche d'un si grand Rdv.
En y réfléchissant, je ne crois pas avoir dépassé une seule fois les 30 kilomètres à l'entraînement cette année, même si j'ai certes couru quelques longs trails comme l'Ardéchoise (58km) et surtout le Grand raid du ventoux (100km). Cet été, "heureusement" si j'ose dire, j'ai participé au "Mountain X Race", un raid multisport international avec tout de même 12000mètres de déniv, qui va être ma seule et unique base foncière et mon seul séjour en altitude. C'est mieux que rien me direz vous! Encore un hic, un "petit" pépin de dernière minute qui aurait pu avoir de lourdes conséquences : je me suis littéralement fait "écrasé" lors d'une stupide sortie nocturne dans les arbres (...sans commentaire!) 3-4 semaines auparavant si bien que j'ai dû passer entre les mains d'ostéopathe et autre fasciathérapeute pour être au départ aujourd'hui.
Mais ce vendredi 29, après la pasta party de l'organisation 3 heures avant le départ (qui aurait peut-être dû être évitée, ne serait-ce que pour l'attente de plus d'une heure debout), me voici au départ de ce qui semble vraiment devenir la plus grande course nature du monde. En plein centre de Chamonix, nous sommes près de 2400 prétendants assis devant le portique de départ, attendant que l'on veuille bien nous laisser partir à la conquête de ce Graal de la course à pied. M'étant habilement faufilé dans les 20 premières lignes de ce peloton géant, j'ai perdu de vue mes compères du team Vagabond et n'ai pas la moindre idée où se trouvent mes camarades du Team Marathonien-Garmin-Nutergia, Seb (Farano) et Cyril Ollagnier.
Les "officiels" (Balladur, Préfet...) font leur discour, les "stars" de la discipline prennent place devant, l 'ambiance monte au fur et à mesure que l'heure approche, bien aidée par la musique conquest of paradise de Vangelis ( film 1492) qui colle bien à l'état d'esprit d' explorateurs ou de guerrier dans lequel nous nous trouvons, à quelques minutes d'une bataille physique et surtout mentale, non pas contre les autres concurrents mais plutôt contre soi-même. Jusqu'où je peux aller dans l'effort? Personne n'a la réponse sur ce genre de course, quel que soit votre niveau, votre entraînement ou votre motivation, vous n'êtes pas à l'abri d'une défaillance ou d'une blessure, c'est ce qui fait la beauté de ce sport qui repousse les limites "préconçues" de l'être humain.
Départ
18h30 Les fauves sont lachés, là je vous avoue que je suis submergé de frissons et que ma motivation est ENORME. Dans ma tête, mes doutes quant à ma préparation tronquée ont disparu, les compteurs sont remis à zéro et je pars sans me soucier de l'avant ni même de "l'après", sûr de moi, du moins dans ma tête.
Cela part vite sur ces portions roulantes voire goudronnées (15.5-16 km/h aux Garmins) jusqu'aus Houches (km8), mais rapidement je rattrape de nombreux concurrents (dont Olmo, Chaigneau, Herry, Kimball...) pour revenir + ou - dans le top 40 où je retrouve mon coéquiper Cyril (Ollagnier) avec qui je vais rester un petit moment, le temps de stabiliser un peu mon rythme faussé jusque là par des sensations bizarres dues à l'adrénaline.
On a un bon rythme puisqu'on reprend encore du monde mais au fur et à mesure de la montée de la Charme, je me rends compte que je ne force pas outre mesure et décide de profiter de ces "jambes de feu" en accélérant légèrement, tout en prenant soin de ne pas me griller, car malgré l'euphorie certaine, je suis conscient que la course va être longue. "Incroyable", je double un à un plusieurs coureurs prestigieux que je n'avais guère eu l'occasion de cotoyer mis à part dans les magazines comme Vincent Delebarre (pas bien certes, il abandonnera plus loin) et je reviens même sur Christophe Jacquerod avec qui je vais faire de nombreux kilomètres avant qu'il n'abandonne lui aussi... On se calme garçon, gardes-en pensai-je car le "motivomètre" alors au plus haut pourrait me faire perdre les pédales.
Le soleil se couche et je passe à Saint Gervais (km21) en 1h58 et des poussières, bien installé dans les 20 premiers alors que l'avalanche d'abandons des favoris n'a pas commencé, bref tout va très bien et je me mets à rêver d'une très grosse perf !
Malheureusement, le rêve est de courte durée, quelques kilomètres à peine plus loin, je suis rattrapé par mes vieux démons (non pas la frontale qui cette fois-ci miracle, fonctionne) mais le "chiassomètre", mon fameux camarade du tour du monde où j'avais coutume de dire que j'avais un CDI (Chiasse à Durée Indéterminé), est de retour au plus mauvais moment. Crampes d'estomac suivies d'un "arrêt au stand", puis d'un second, un troisième...je me revois dans le désert du Sinai en Egypte ou plus récemment sur le Grand Raid du Ventoux où il m'etait arrivé pareille mésaventure.
Heureusement, j'avais prévu le coup (enfin je m'en serais bien passé!) et je récupère grâce à mon frêre et mon père, venus m'assister et m'encourager, 2 "ERCEFURIL" aux Contamines qui vont stopper "l'hémorragie" rapidement, Ouf, sauvé! Enfin, le "trou" est bouché mais il y a eu du dégât dans le "navire", les sensations "exceptionnelles" ont disparu et ne reviendront plus et surtout j'ai des frissons qui m'incitent à me couvrir outre mesure (à mettre ma veste gore-tex dans La Croix du Bonhomme) alors que la plupart des favoris tiennent le coup en tee shirt.
Enfin je ne vais pas me plaindre, je me remotive et parvient à relancer la machine tant bien que mal, me maintenant aux alentours de la 30ème place dans la pénombre de la nuit en compagnie de très bon coureurs (par ex., Chaigneau, Guillon et de nouveau Cyril O avec qui nous allons faire course commune quelques kilomètres...). C'est vraiment magique, on franchit des cols de + de 2500m dans l'obscurité la plus totale, laissant derrière nous un balai ininterrompu de frontales qui serpentent sur les sentiers. Quel bonheur!
A Courmayeur, en Italie, après un peu plus de 10 heures de courses, je prends le temps de me changer (habits tout transpirants à cause de la gore tex) et de manger un bon plat de pâtes. Je m'égare un peu à la sortie de la ville en repartant, m'énervant quelque peu en accélérant brutalement au pied de la longue montée sur le refuge Bertone pour revenir sur un groupe de coureurs au loin (ce que je paierai par la suite car en Ultra, il faut absolument éviter les "à-coup". Le jour se lève peu à peu et il faut de nouveau courir un maximum sur ces longues portions plutôt roulantes qui mènent au refuge Bonati puis à Arnuva.
La montée du grand Col Ferret (2600m), le "Toit" de la course, est probablement la plus coriace? en partie du fait qu'elle intervient peu avant le 100ème kilomètre mais elle est aussi d'après moi un des passages les plus magnifiques du parcours. En compagnie d'un certain Philippe Verdier qui connaît parfaitement les lieux et qui va me servir de "guide" de nombreux kilomètres (jusqu'à Bovine...), nous nous encourageons mutuellement car nous avons bien du mal à nous hisser là-haut mais comme toujours après une ascenscion, la récompense est au bout avec un panorama exceptionnel et en prime le soleil au passage du col, direction la Suisse!
Nous arrivons à La Fouly (km 110) après 15h47, fatigué par la descente cassante certes, mais pour l'instant, cela va toujours pas trop mal. J'y retrouve avec plaisir mon frangin, "super assistant" qui s'occupe de reremplir mon sac et voit avec étonnement Samuel Bonaudo (vidé) et l'ami Vauclusien Serge Barthes (problèmes digestifs) qui sont tous deux contraints à l'abandon après avoir fait jusque là une belle course. Il y a vraiment de la casse chez les favoris et la liste va encore s'allonger (Olmo, Jurek...). D'après le tableau de marche de mon nouveau compagnon, nous avons 6 minutes de retard pour faire les 24h mythiques (je pense qu'il exagère un peu, on est plutôt sur les bases de 25h...) à quelques encablures d'un groupe avec les champions et la 1ère féminine hallucinante (Elisabeth Hawker).
Léger repos, petite bouffe, et je repars avec des jambes pas trop mauvaises qui me permettent de courir à un bon rythme sur les petits sentiers à profil descendant dans une forêt d'épineux. Je reviens sur quelques coureurs comme le jeune Romain Olivier (que je n'arrête pas de doubler mais qui s'arrête beaucoup moins longtemps que moi aux ravitaillements...) et à ma grande surprise sur Seb Chaigneau et Pascal Blanc qui semblent faire course commune. Si j'arrive à rester jusqu'au bout avec ces 2 lascars je ne devrais être pas trop mal placé à l'arrivée pensai-je (à ce moment là de la course, je devais être dans les 5 ou 6 meilleurs français car devant cela parle plutôt anglais ou espagnol!). Malheureusement, erreur grossière, je me fais une bonne petite hypo dans la remontée sur Champex (km 123) dont je ne vais jamais véritablement me remettre.
Une longue pause massage (pas agréable du tout, je suis mal tombé?) et un plat de pâtes que j'ai bien du mal à avaler n'y changeront rien, mes jambes ne répondent plus et à présent, je ne vais faire que me traîner, courant très péniblement sur le plat ( comme le long du splendide lac de Champex...) au petit trot avec de véritables cannes en bois, tétanisé et sans plus aucune souplesse, ou marchant dans les montées où là je sens vraiment que je n'ai plus de jus.
Toujours dans les 30 premiers malgré tout, je m'accroche comme je peux mais la terrible montée de Bovine sous une chaleur infernale va finir de laminer mes dernières forces. "Vidé", je n'arrive plus à pousser sur mes cuisses et regrette amèrement mon choix de courir sans les bâtons et je n'hésite pas à m'arrêter au ravito sous le sommet (km131) où je m'écroule sur un petit lit de camp pour un petit sommeil flash de 15-20 minutes.
Je m'efforce de repartir, un peu désabusé, ayant le plus grand mal à courir dans la descente sur Trient (km138) mais je ne vois pas d'autres alternatives: "Cours Forest"... J'arrive dans un sale état au ravito de Trient où je suis presque en pleurs, je suis cuit et cette fois j'en suis conscient, c'est vraiment dur pour le moral! Je prends vraiment le temps de m'alimenter et grâce aux encouragements de la famille de Clément venue nous soutenir, ainsi que mon frère et mon père, je repars un peu mieux que ce n'était le cas en arrivant. J'effectue même un dernier baroud d'honneur dans la montée de Catogne que j'escalade à un rythme très correct en compagnie de Thierry Chambry, mais au moment de relancer sur les faux plats puis dans la descente, les jambes me rappellent que je suis bel et bien cuit.
En me disant pour la je ne sais combien de fois "Accroche toi, cela va revenir!", je me force à manger une énième barre puis une pâte de fruit mais en tentant d'avaler cette dernière, je me mets à vomir une fois puis une seconde fois... (trop plein de sucre?) Prosterné à 4 pattes au bord du chemin alors que je me vide à grands "jets", pris à nouveau de frissons, le peu de "gnaque" qui me restait s'évapore, dans ma tête "c'est fini, je dépose les armes"!
Je trottine encore quelques mètres à l'arrivée sur Vallorcine (km149) où je suis encore 36ème mais le coeur ("et le corps") n'y est plus, pourtant mes "admirateurs" sont toujours là et même les potes de Garmin que je vois pour la 1ère fois. Désolé les gars mais je viens de complètement "débrancher la prise", je pense n'avoir jamais été dans un tel état et je reconnais que je m'avoue un peu vaincu, "lâchant" complètement l'affaire comme rarement cela m'est arrivé mais j'ai la sensation que si j'insiste encore je vais droit dans le "mur", que je risque de mettre ma santé en péril...
Je vais rester encore longuement au ravito à essayer de m'alimenter même si cela a du mal à passer, avant de tout de même repartir alors que mon coéquipier Seb (Farano) arrive à son tour, auteur à mon sens d'une course exemplaire pleine de sagesse et d'humilité. N'ayant cessé de remonter, il terminera à la 41ème place en 27h40, quasiment "comme il l'avait annoncé" , c'est vous dire s'il avait bien préparé son affaire, sûr de son fait. Chapeau Seb!!!
Quant à moi, "plus de cartouches" mais pas question d'abandonner, ne serait-ce que par respect pour tous ceux qui n'on pas pu participer, victime de la 1ère course informatique pour s'inscrire, ainsi qu'aux centaines de personnes loin derrière qui en bavent tout autant si ce n'est plus que moi sur les sentiers. Mais si jusque là, j'ai donné le meilleur de moi même dans le but de faire une "perf", à présent je n'ai plus d'autre objectif que de TERMINER, comme la plupart des participants me direz vous.
Et cela va être long, tenez vous bien je vais mettre près de 6h pour parcourir les 17 derniers kilomètres!!! Comment est-ce possible? Et bien c'est simple, les muscles complètement refroidis, je ne vais plus courir une seule seconde, me contentant de marcher péniblement sur le plat et en descente et encore en canard (je n'ai jamais aussi bien porté mon surnom de "Coincoin"!) et de ramper dans la dernière montée du parcours où je vais faire "péter les chronos" à raison de 3 pas en avant, un en arrière. La pression et la motivation retombées, j'erre mollement sans me soucier des concurrents qui me dépassent et m'encouragent. Alors là, ils peuvent y aller, je ne risque pas de "redémarrer" pensai-je, ayant l'impression de porter le monde sur mes épaules.
Je ne suis plus du tout "dedans" mais j'arrive quand même parfois à éprouver du plaisir, comme lors d'une de mes fréquentes pauses pour contempler cette nuit étoilée, je suis surpris par une famille de chamois qui semblent tout surpris par ce drôle de bonhomme étalé au milieu de la montagne. "La Tête au Vent" enfin franchie (plus de 3h, un "record"), je ne vais pas du tout apprécié la portion à flanc qui mène à la Flègère. Si de jour, le panorama doit valoir le coup d'oeil (je n'avais qu'à aller plus vite!), de nuit avec ces blocs et ces nombreux éboulis, c'est vraiment la galère surtout avec mes cannes en bois...
Dernier ravito, dernière soupe et petite discussion à nouveau avec les bénévoles qui, je tiens à le souligner, ont été d'un accueil exceptionnel tout au long du parcours (spéciales dédicaces à nos amis Suisses!) et enfin je plonge vers Chamonix pour les 6 derniers kilomètres qui m'ont paru interminables car tout en marchant cela n'avance pas! On me double et me redouble et je me surprends à les encourager comme si j'étais devenu spectateur plutôt qu'acteur (c'est un peu cela d'ailleurs...)
Je retrouve un Espagnol peu ou prou dans le même état que moi avec qui je vais effectuer les derniers hectomètres, ravi de pouvoir discuter avec lui en castillan de nos courses respectives. Sans même besoin de se le dire, nous terminons ensemble main dans la main en 29h51minutes. La boucle est bouclée, (c'est pas trop tôt!) et c'est bien là l'essentiel!
Epilogue
Comme après chaque grand défi, je ressors grandi après cette richissime expérience et malgré mes déboires (je n'ai pas souvenir d'avoir pris un "éclat" comme celui-ci sur la fin), je ne suis pas un brin dégoûté de ce genre d'aventure bien au contraire, je me demande même si je serais un jour rassasié tant ma soif des grands espaces et des efforts de ce type est inépuisable. Je reviendrais avec plaisir sur l'UTMB (peut-être même dès l'an prochain...) car c'est une grande et belle épreuve, probablement mieux préparé, avec l'ambition d'y faire beaucoup mieux tout en essayant de rester humble car je le repète, quelle que soit votre préparation ou votre niveau, tout peut arriver sur ce genre d'épreuve, on l'a vu encore cette année où très peu de "stars" ont terminé.
Bravo à tous les finishers d'être aller au bout, Cyril O en particulier qui n'a rien à m'envier au niveau galère (...), félicitation à Killian Jornet, 21ans à peine, pour sa victoire écrasante, qui je pense, va mettre "un bon coup de pied au cul à la fourmillière".
Un immense Merci à mes partenaires : Marathonien Sport, Garmin, Nutergia (on essaiera de faire mieux la prochaine fois!) ainsi qu'à toute l'organisation, les spectateurs, Max le frangin, mon père le "Manager", la famille Ughetto, et tous les autres....
Haut de page.>>>