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 LES TRACES BLANCHES

 

Les origines du nom « Ventoux » divergent :

 

S

urgissant de nulle part au milieu de la Provence qu’il relie aux Alpes, culminant à 1912 mètres d’altitude, le Mont Ventoux porte bien son autre nom de « Géant de Provence ». Son nom viendrait de l’occitan provençal « Mont Ventor » qui signifie « qui se voit de loin ». Son ancien nom, « Ventour », dériverait des mots vent et venteux, tout à fait appropriés au fort mistral qui y souffle régulièrement. D’ailleurs ce n’est pas pour rien que le col situé à un kilomètre du sommet a été appelé « col des tempêtes ». (photo)

Son appellation semble même remonter au 1er ou 2ème siècle et aurait pour origine « Vintur », le nom d’une divinité des sommets que les hommes se devaient d’honorer depuis ce « promontoire ». En langage celte, « Ven-top » désignait une cime neigeuse.

 

Bref !, un petit cours d’histoire pour vous retranscrire l’atmosphère qui régnait au départ de ce premier trail blanc du Mont Ventoux en ce dimanche 31 janvier 2010. Il y avait effectivement la neige en abondance, un fort mistral qui la  balayait sur les crêtes, telles des volutes de fumées, et un froid sibérien de dix degrés en dessous de zéro (sous abris), qui vous saisissait.

 

C’est en compagnie de mes collègues et amis Ludovic, David et Olivier que nous arrivons sur place pour prendre le départ de cette course qui s’annonce palpitante. Côté équipement, j’ai chaussé les « Yacktrax » pour plus d’accroche en cas de plaques verglacées, des chaussettes étanches et différentes couches techniques pour palier au froid.

Le départ est donné, après un rapide briefing, sur une piste damée en direction du « col de la Frache ». J’ai le plaisir de saluer mon ami Cyril après quelques foulées et nous emboîtons le pas jute derrière Thomas Vericel du Team salomon. Cette première bosse nous met de suite dans le vif du sujet, et les jambes chargées en lactique peinent à nous extraire des passages de neige poudreuse. Cerise sur le gâteau, le vent se mêle à la fête sur cette partie découverte et je comprends alors pourquoi Serge, organisateur de la course, nous a fait éviter la partie sommitale. J’ai beaucoup de mal à me réchauffer, mais heureusement nous arrivons en sous bois et le rythme reviens quelque peu à la normale.

 

Le parcours est magnifique, nous empruntons des monotraces slalomant autours des pins sous un soleil radieux. Le petit jeu consiste à poser le pied sur la croûte de neige la plus dure, que j’estime sur une bande de 30 cm de large, et dès que l’appui vient à sortir de ce sillon nous nous enfonçons jusqu’à hauteur du genou. Peu habitué à ces conditions,  trois ou quatre chutes me font goûter cette neige vauclusienne, mais sans gravité aucune.

 

Au bas d’une longue descente, j’aperçois Cyril à une minute avant d’attaquer la partie finale en direction du chalet Reynard. Cette combe qui nous fait rejoindre le « vallon des pointes » est difficile car la neige y est très souple et le tempo saccadé par tous ces changements d’allure. Un dernier raidillon, où s’est amassé le publique encourageant les Trailers, et on nous annonce un kilomètre avant l’arrivée.

 

Une courte piste damée nous permet de retrouver une foulée plus conventionnelle, je distingue à quelques mètres Cyril mais sans possibilité de le rattraper, les jambes durcies par une semaine de ski de fond ne répondent plus. Une ultime descente ralliant l’arche salvatrice, où l’on m’annonce au micro une troisième place, mon ami Cyril est là et nous nous félicitons mutuellement en évoquant notre course du jour. Je salue également Thomas l’heureux vainqueur de cette première édition, et Bernard TAES partenaire de cette manifestation me prend à chaud, si je puis dire, mes impressions.

 

Une bonne soupe chaude fournie par l’organisation et me voilà requinqué pour attendre un à un les copains, qui sont à mes yeux, vainqueur également ; car comme le dit un dicton provençal : « n’est pas fou qui monte au Ventoux, est fou qui y retourne ».

 

A bientôt sur les sentiers.

 

Seb.