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        Le Tour des Glaciers de la Vanoise

« Plus beau trail de France, 72 km dont 57 au dessus de 2000m, 3800m de D+, autour de la plus grande calotte glaciaire d’Europe (15 km) ».

Ca ! c’est ce qui était prévu, mais les conditions climatiques ont contraint les organisateurs à un parcours de replis, (sécurité oblige, pour manque de couverture de l’hélicoptère), nous faisant ainsi éviter le passage délicat sur la Maurienne.

Le débriefing du soir nous confirme et annonce le nouveau parcours de 48 km et 2900 de D+ en 2 boucles autour de Pralognan. Grosse déception, moi qui revenait sur ce trail pour sa beauté légendaire et me faire plaisir en présence de mon frère. Le point positif du jour sera de gagner une heure de sommeil en ayant décalé le départ à 6h00.

Après un repas dit « sportif » à notre restaurant habituel, nous préparons notre sac pour le lendemain, quelque peu modifié et adapté à cette nouvelle course.

Au petit matin, surprise !, la pluie annoncée n’est pas au rendez-vous, il ferait même beau et doux . Nous avalons notre petit déjeuner et nous dirigeons en direction de la ligne de départ où les trailers commence à se regrouper. La course s’annonce rapide sur la première boucle de part son profil, mais ma décision est prise , j’accompagnerai comme prévu mon frère Jérôme tout au long du parcours.

Placés dans les premières lignes, nous nous élançons à notre rythme dans le petit village de Pralognan où les premiers encouragements fleurissent à notre encontre. Le bitume défile sous nos pieds et la tête de course n’est pas très loin, peut être sommes nous partis un peu vite pour mon frère.
Rapidement nous retrouvons un sentier tout en balcon qui nous amène au pied du col de Chavière à 2700m où la neige fait son apparition, pour le plus grand plaisir des yeux. En ce qui concerne le ciel, c’est le beau fixe, ce qui me fait rager, je me dis alors que sur une mauvaise prévision météo nous avons été amputés d’une course magnifique.

Premier ravito, au refuge de Pèclet Posselet et nous entamons la descente pour un retour rapide sur le village. Jérôme n’ayant pas était au mieux dans la longue ascension, je compte sur cette descente pour qu’il récupère. Mais le mal est fait, il n’est pas dans son meilleur jour, mois non plus d’ailleurs, j’ai du m’arrêter à trois reprises pour soulager des problèmes intestinaux ( sacré repas « sportif »), j’ai donc beaucoup de mal à le motiver, il peine, nous nous faisons doubler et le moral n’y est plus. La succession de relances jusqu’à Pralognan aura raison de lui, de plus le ciel s’est couvert brutalement et les premières gouttes s’écrasent sur nos visages. Je le bouscule afin de le faire réagir à l’arrivée de la première boucle en espérant qu’il reparte avec moi. Il se ravitaille et me témoigne le souhait d’en finir là. Je tente avec un autre concurrent de l’encourager à poursuivre, mais en vain.
C’est alors sous des trombes d’eau et un sentiment d’échec que je repars seul pour cette deuxième boucle.
A l’abandon de mon frère, nous avons été pointés en 120° position, le challenge sera alors pour moi de gérer au mieux ma fin de course sans me soucier de mon classement .

L’un des organisateurs nous avait annoncé une pente raide pour nous monter au téléphérique de Pralognan et je confirme, ce sont les mains sur les genoux pliés en deux que nous gravissons ce second col de la matinée. Nous nous engouffrons peu à peu dans une épaisse forêt de sapins par un cheminement de multiples lacets. Je rattrape quelques trailers jusqu’au sommet où une jeune fille du Staff s’égosille à nous encourager sous un ciel plus clément.

Une descente très rapide mais piégeuse nous amène au pied de la dernière grosse difficulté, le col de la Vanoise. Une montée longeant un torrent de toute beauté, toute en escalier fait souffrir les organisme déjà fatigués. Je continus ma course avec le même tempo, bien concentré dans une pente de plus en plus raide, avec toute fois une pensée à ce moment pour mon frère.

Enfin le point culminant, le paysage y est grandiose, un dernier ravito copieux avant une longue descente que je reconnais pour l’avoir déjà faite l’an passé mais en sens inverse. Elle est rapide et technique. Je me sens à l’aise.

A l’arrivée, mon frère, Emma et mon fils Ennio m’attendent et m’encourage. Ennio se joint à moi en courrant jusqu’à la ligne, tout le monde nous applaudit. La pluie refait son apparition, je me hâte à la douche, et je vais me restaurer avec Jérôme, et en compagnie de Dawa Sherpa venu sur le trail et qui finit en deuxième position. (De mon côté on m’annonce dans les 50ème, mais le résultat n’était pas le plus important).

La pluie nous fait partir prématurément de Pralognan. Dans la voiture on se refait un peu la course avant que la petite famille s’endorme bercée par les virages de la route de montagne. De mon côté, je me dis que je reviendrai dans cette région, espérant refaire le traditionnel TGV.

SEB
enu ici